La puérilité régressive (et infantilisante) de Disney

 

 

Quoi ? Tu veux aller à la parade ?

Je me penche vers Ava, je ne suis pas bien sûr d’avoir compris. Nous venons de sortir
de Space Montain que j’ai affronté courageusement, le cœur vaillant (malgré les triples loopings inversés dans le noir) et la musique assourdissante résonne encore dans mon oreille
interne.

— Autant en profiter, il est 17 heures. Ça changera des manèges à sensation. Et puis,
je n’aime pas te voir pleurer de peur et hurler comme une fi…

Pffffffff ! N’importe quoi !

Je porte les mains à mes yeux et je constate qu’il reste quelques larmes. Je prend
pourtant bien garde à les essuyer dans mon doudou Mickey acheté un peu plus tôt à la boutique.

C’est à cause de la poussière, ça m’assèche les muqueuses…

Ava se contente de hausser les épaules.

En tout cas, c’est ridicule, lui dis-je en agitant ma peluche. Nous ne sommes pas à
Disney pour succomber à cette magie de façade puérile, mais pour faire le maximum de manège en suivant un plan strict et rigoureux ! Laissons tomber cette stupide parade et profitons-en pour
faire Star Tour. Tu me remercieras, je fais ça pour ton bien, je pense avant tout à toi et je…

 

Quelques minutes plus tard, nous sommes en vue de main Street, juste au moment où la
parade débouche d’un virage. Mickey chante et danse avec Pluto et Dingo. Je croise les bras en bougonnant, pour bien montrer à cette bête souris que je ne suis pas là de gaieté de cœur. Le
char passe lentement à ma hauteur, Minnie me fait coucou et me lance un bisou.

Une vague de chaleur me submerge.

 

WINNIE ! WINNIE ! Je suis là !

L’ourson orange, qui dansait en cadence sur l’arbre avec un gros pot de miel dans les
mains, se retourne et me fait un signe de la main. Je saute sur Ava.

T’as vu ! T’as vu ! Je suis son copain !

Je bouscule violemment les enfants pour me mettre devant.

Je t’adore Winnie ! J’ai vu tous tes films ! T’es le meilleur ! Je t’aime !
Emmène-moi avec toi !

Il lève le pouce vers moi et disparaît dans la courbe naturelle de la route.
Bourriquet, Porcinet et Tigrou le suivent de près.

C’est fini, c’était le dernier char. La musique s’évanouit, supplantée peu à peu par le
bruissement de la foule et les cris d’enfants. Je me retrouve avec Ava, isolé dans cette marée humaine.

Alors, tu vois finalement que c’était pas mal.

Je hausse les épaules.

Mouais, dis-je en sortant le plan de mon sac. C’est bon, on peut aller à Star Tour
?

Elle me dépose un baiser dans le cou.

Avec plaisir !

Je souris. C’est aussi ça, la magie de Disney.


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9 réflexions au sujet de « La puérilité régressive (et infantilisante) de Disney »

  1. Pas du tout ! (cache ses oreilles de Mickey et sa sucette Donald derrière son dos) 😉
    Par contre, c’était vraiment sympa parce qu’il faisait beau, pas trop chaud (c’était il y a deux / trois semaines, pas encore de canicule) et qu’il n’y avait pas un chat 😉

  2. Pauvre Emmanuel… Celui qui n’a jamais vu un figurant tout transpirant dans son costume Donald chanter et danser sur un chariot en carton-pâte n’a jamais vraiment connu le bonheur…

    😉

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