Presque décapité par un télésiège

 

 

Jsnowboard.jpgEn vacances avec Ava à la montagne, au ski. J’ai décidé
de m’initier au surf des neiges. Le propriétaire du magasin de location m’a expliqué à quel point cette discipline était simple, que tout se résumait à une simple question d’équilibre, qu’il
suffisait de se laisser glisser et « d’accompagner le mouvement naturel de la planche sur les cimes enneigées ». C’était donc persuadé de pouvoir réaliser des acrobaties vertigineuses
au Half-pipe après une petite demi-journée d’entraînement, que je m’engageais sur les pistes…

 

Mon visage s’écrase dans la poudreuse immaculée. C’est froid, humide. J’en ai marre. Je me relève difficilement. Le concept d’avoir les deux jambes attachées au même endroit est trop novateur
pour moi. Je ne maîtrise rien, je ne parviens pas à me diriger. Je me contente de dévaler la piste en « feuille morte », et je chute ou je me jette volontairement au sol dès que je
m’aventure en dehors des chemins balisés.

Ava s’arrête à côté de moi. Elle est à ski, elle ne connaît pas la formidable expérience « d’accompagner le mouvement naturel de la planche sur les cimes enneigées ». Elle se moque de
moi, puis elle me demande si je veux changer mon équipement. Je lui martèle que non, que je vais réussir à maîtriser cet engin de malheur. Que je suis un homme viril et puissant, que ce n’est pas
une bête planche de sapin verte fluo avec des sigles tribaux qui va avoir raison d’un être censé et intelligent !

 

Je retire la neige compactée autour de mon blouson et de mon pantalon. Je lance une brève impulsion et me voilà recadré dans la bonne direction. Je prends immédiatement trop de vitesse, et
celle-ci est loin d’être mon alliée.

Mon surf se plante dans une congère. Mon corps part en rotation tandis que la planche et mes pieds restent fermement ancrés. Je découvre une nouvelle sensation : l’impression de sentir mes
os se déboîter de mes genoux…

Ava maîtrise parfaitement ses skis, elle dérape en bas de la pente et dégaine l’appareil photo. Elle doit déjà en avoir une bonne centaine… Moi par terre, moi en train de tomber, moi déjà tombé,
moi couvert de neige etc. Je place ma planche dans l’alignement, et je recommence mon petit manège.

 

Nous arrivons enfin à la station. Je suis glacé, trempé, et meurtri. J’ai avalé trois kilos de neige, et mon poignet est anormalement douloureux. Mais il est seulement onze heures, alors nous
décidons de remonter une dernière fois avant d’aller manger.

Nous nous plaçons dans la file d’attente. Je cherche frénétiquement mon forfait dans mes couches de vêtements, je le retrouve après une minute de bataille contre mon pull. Les skieurs devant nous
se placent et s’assoient sur la rangée de sièges qui se précipite sur eux. Le stress monte.

C’est à nous. Je donne une brève impulsion sur ma planche, je manque de m’affaler au sol, mais j’arrive à me stabiliser sur la ligne rouge. Le télésiège surgit derrière le pilier, je me prépare.

Soudain, mon surf s’échappe. Un de mes pieds est ancré, je tombe et je dérape le long de la pente, en plein milieu de la machinerie, et pile sur la trajectoire des autres sièges qui dégringolent
des sommets. Un marchepied arrache mon bonnet, manquant de me décapiter. Je me jette au sol.

Ma joue embrasse la glace. J’essaie de ramper maladroitement pour m’éloigner.

Et puis j’entends une clameur s’élever. Je n’ose relever la tête.

— C’est bon, mon con ! Tu peux y aller !

J’extirpe mon visage du sol, et je fixe un opérateur énervé. Il a arrêté le télésiège, et me fait comprendre par des gestes secs que la plaisanterie est finie et que je dois dégager les lieux.

Je me mets debout, un peu dépité, et je fais le tour pour me réinsérer dans la queue. Les gens me désignent et rigolent. Ava m’attend sur le côté, inquiète. C’est elle qui a prévenu le
machiniste. Je la rassure immédiatement en lui disant que seule ma dignité a été blessée…

 

Et que je serais bientôt un Dieu du surf.

 

 

 

 



7 réflexions au sujet de « Presque décapité par un télésiège »

  1. Disons que c’est un peu dangereux de se ballader avec toi!! Un vrai casse cou!! 😉

    Bonne fin de journée J.
    Bizzz

    PS: Ava tu pourrais nous montrer les photos s’te plait??? 😀

    • Oh oui ! Vive la téléportation ! … S’il y a vraiment quelque-chose de technologique que j’aimerais vivre de mon vivant c’est :
      3. L’ascenseur spatial
      2. La régénération des organes/ thérapie génique / etc. –> l’immortalité
      1. La téléportation 🙂

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