Presque dévoré par un requin

 

shark.jpgEn vacances sur une île paradisiaque aux Maldives avec Ava (manger
des pâtes durant un an était une bonne idée financière, mais une très mauvaise idée nutritionnelle).

 

Un serveur de l’hôtel explique à une femme présente au buffet, pendant que je me ressers goulûment en salade de fruits, que, à marée basse, la barrière de corail fait office de barrage et isole
complètement l’île du reste de l’océan. De nombreuses espèces de poissons sont faites prisonnières, pour notre plus grand régal au dîner.

Je rejoins Ava à table et je lui raconte ce que je viens d’apprendre sur le ton de l’anecdote connue de tous. Et je lui promets avec toute ma virilité que je lui en pêcherai un à mains nues, et
que, magnanime devant mon triomphe sur la nature sauvage et imprévisible, je le remettrai à la mer.

 

Quelques heures plus tard, j’ai oublié mon serment solennel. Je barbotte tranquillement pendant qu’Ava lézarde à l’ombre d’un palmier. Je m’amuse comme un petit fou dans l’eau chaude comme de la
soupe. Je m’éloigne du rivage, je plonge avec mon masque, je lance des petits cailloux dans l’eau, je récupère des coraux morts dans le sable, je fais attention à ne pas toucher au corail vivant
(il paraît que c’est dangereux si on se coupe, l’infection guette, mais surtout, ce n’est pas écologique – c’est ce que m’a dit un employé de l’hôtel en me criant dessus comme un gosse de dix ans
devant tous les autres clients -).

Lors d’une de mes plongées, alors que je m’approche d’un banc de poissons, j’observe une masse grisâtre au loin. Un rocher. Je fais une pirouette, j’essaie d’attraper un petit poisson, mais il se
rebiffe et m’attaque. J’effectue une courageuse retraite dans un coin moins hostile.

Je replonge. Le petit poisson méchant m’a suivi et se prépare à m’attaquer, mais, surtout, le récif a bougé aussi. Soudain, ce dernier accélère dans ma direction.

 

Je réalise que c’est un énorme requin…

 

Je nage précipitamment vers la surface. Il fait de même. J’émerge comme un bouchon de liège, mes yeux sont éblouis par le soleil. Un aileron sort de l’eau, une queue fouette violemment la
surface. Des vagues d’écumes me submergent, je sens des frôlements le long de mes jambes. Je m’imagine déjà happé par cette mâchoire.

Je me fige, et le silence retombe peu à peu, inquiétant. Je suis indemne. Le requin vient d’attraper le petit poisson méchant et de s’enfuir au large. Je vois encore la queue de la pauvre victime
se trémousser dans la gueule.

 

Je regagne le rivage lentement, sans gestes brusques, et je m’écroule sur mon transat. Ava sourcille à peine, elle somnole, elle n’a rien vu.

 

Le soir, les gens de l’hôtel nous ont dit avoir aperçu un jeune requin pointe blanche. Mais qu’il n’y avait aucune inquiétude à avoir, car ils étaient sur-alimenté à cette période de l’année et
n’attaquaient pratiquement jamais l’homme. Juste un poil impressionnants.

 

Oui, c’était bien le mot…

 

 

 

 

 

 

 



9 réflexions au sujet de « Presque dévoré par un requin »

  1. Ça vaut pas l’histoire (vraie!) du surfeur qui s’est retrouvé à glisser sur le dos d’un requin. Mais ça n’en reste pas moins impressionnant 😉

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