The book conspiracy (5)

 24 heures chrono

 

 

19 heures GMT

La voiture de location freine brutalement devant un immeuble cossu de la rue Lafayette. J. Heska y pénètre en trombe, il défonce la porte, et
tombe sur un homme en train de remplir fébrilement des valises. Il le plaque contre un mur, une main sur la gorge.  

— Loukoum, tu as été trop loin ! Où est-elle ?

L’autre rit.

— Loukoum est une ombre. Il n’existe pas !

L’écrivain resserre les doigts.

— Je… Je ne suis pas Loukoum. Je suis seulement chargé de faire le lien entre M. Smith et mon patron.  

Un étrange sifflement s’échappe de la poitrine de la victime.

D’accord ! Je travaille pour le CDEPQVDLM, le
comité des éditeurs parisiens qui veulent dominer le monde. Ils ont un bunker souterrain, sous le bâtiment Gallimard. C’est Antoine Gallimard qui est derrière tout ça. Ton livre lui fait très
peur. Il a engagé Loukoum pour faire le ménage, grâce à un homme politique russe, ils voulaient…

— Où est-elle ?  

— Dans le complexe ! Je t’y amène !

L’écrivain libère son otage. Celui-ci tombe au sol et respire par saccades un air libérateur.

— Tu as vingt secondes pour recouvrer tes esprits. Ensuite, tu ouvres la route.

 

 

20 heures GMT

Les deux hommes descendent dans la rue. La nuit est d’encre. Là, le téléphone de l’individu sonne. J. Heska le prend. C’est un message. Il y a
une vidéo, dans laquelle la secrétaire de Transit, attachée nue sur une peau de bête, se débat. Une lame est posée sur son visage.

«  Si tu veux la revoir vivante, apporte les fichiers originaux de ton manuscrit. Si tu en fais une copie, elle est morte. Suis Ronin
bien gentiment. »

J. Heska se pince les lèvres.

— C’est toi, Ronin…

L’autre arbore un sourire triomphant.

— Je crois que la balle vient de changer de camp, M. Heska.

Il lui prend son arme, puis son sac à dos, avec son ordinateur portable.

— Tout est là ?

J. Heska acquiesce. Ronin siffle. Aussitôt, les phares d’un 4X4 garé un peu plus loin s’allument. Il accélère dans leur direction et pile au
milieu de la chaussée. Quatre hommes armés en sortent, et font signe à l’écrivain de mettre les mains dans le dos. Celui-ci obtempère.

— Toi qui voulais te rendre au bunker, ton vœu va être exaucé.

 

 

21 heures GMT

Antoine Gallimard est assis à son bureau souterrain, caressant un chat confortablement installé sur ses genoux. Derrière lui, la vitre blindée
d’un énorme bassin, avec des poissons qui nagent mollement, qui jouent dans les constructions immergées, qui dévorent les restes décomposés de corps noyés. bourne5-copie-1

Ronin pousse J. Heska en avant. L’éditeur dépose son chat au sol, écrase son cigare dans le cendrier, et s’avance.

— Vous avez donné énormément de fil à retordre à mes équipes. Si j’avais su plus tôt qu’une simple femme prise en otage vous
ferait flancher…

— Où est-elle ?

— Pas très loin.

Il claque des doigts. Une porte s’ouvre. Deux gardes jettent la secrétaire à leurs pieds. Elle se relève, se colle contre la
poitrine de l’écrivain, effleure ses lèvres.

— Je suis désolée.

Elle recule. L’expression terrifiée de son visage se transforme en un instant. Elle se place aux côtés d’un Antoine Gallimard
souriant. J. Heska grimace.

— Loukoum…

— Depuis le temps que tu m’avais sous les yeux, déclare-t-elle, victorieuse.

 

 

22 heures GMT

Coup violent dans l’estomac. J. Heska roule au sol. Les gardes le soulèvent.

— Tu m’as vraiment mise en colère ces dernières heures, avoue Loukoum en pointant un doigt vers lui. Je ne voulais pas tuer
Popov, mais il m’y a obligé, avec cette vidéo récupérée sur les caméras de l’imprimerie. Cet incapable de Smith n’a pas réussi à t’intercepter à Berlin. Et l’embuscade dans le Grand Nord a été le
summum. Tchekov ne s’est pas montré plus compétent. J’ai dû m’attacher moi-même au lit.

Nouveau coup à l’estomac.

— Pourquoi…

Elle échange un regard complice avec Gallimard, et se penche sur lui.

— Parce que nous voulons dominer le monde littéraire. Et que ton livre avait trop de potentiel…

Elle se relève. Sort les ordinateurs et les clés USB du sac que Ronin lui tend, les piétine violemment au sol. 

— Il ne reste plus rien de ton livre, à présent. Plus rien de toi non plus. Noyez-moi ça dans le bassin.

Un violent coup de poing assomme l’écrivain.

 

 

À suivre…

  

 


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