Sous-titres malentendants humour

Un monde idéal où on a les sous-titres

 

Sous-titres malentendants humour— Dis-moi Érica, ça te dirait d’aller boire un verre avec moi, après le boulot ?

[Dis-moi, Érica, ça te dirait de mélanger nos fluides corporels sur la commode d’entrée de ma garçonnière crasseuse ? Bien entendu, il y aura auparavant une banale parade nuptiale durant laquelle je jouerai le rôle d’un homme charmant en tentant vainement de cacher mes défauts et en endormant ta méfiance par des mets délicieux, des vins liquoreux, et peut-être par la projection d’un film débile dégoulinant de sirop qui te mettra dans un état psychologique favorable à la soumission pour des actes sexuels abjects qui te feront sentir souillée jusqu’à la fin de ton existence (sodomie sauvage, étranglement érotique, douche dorée, sadomasochisme, éjaculation faciale, etc.).]

La jeune femme blonde sembla hésiter un instant.

— Non merci, j’ai beaucoup de travail.

[Savais-tu qu’une bande de dix macaques lobotomisés et tapant frénétiquement sur des claviers avait statistiquement une chance de réécrire l’intégrale de Shakespeare ? Le jour où ces macaques arriveront à reconstituer l’œuvre, j’accepterai que tu enfonces ton pénis dans deux (voire trois) de mes orifices.]

L’homme, à peine déstabilisé, se rapprocha d’elle.

— Je comptais évoquer avec toi le nouveau poste vacant de chef de projet.

[Peut-être qu’on pourrait aider les macaques à taper plus vite si je te proposais d’acheter ton cul en promettant de parler du poste de chef de projet à Jean-Pierre ? ]

— Oh… Dans ce cas, pourquoi pas. Cela ne nous engage à rien.

[Si tu évoques le sujet avec Jean-Pierre, tu n’auras droit qu’à une soirée puérile durant laquelle je me frotterai à toi pour t’exciter au point d’éclater (peut-être en enfournant ma langue dans ta bouche) et me cacherai ensuite derrière une pudibonderie typiquement féminine : « Pas le premier soir ».]

— Évidemment. Tu as toutes les qualités requises pour le poste. Ce serait étonnant que tu n’y arrives pas.

[Et si je compte profiter de ma position dominante pour convaincre Jean-Pierre de te refourguer le poste malgré ton incompétence notoire ?]

— J’en serais très heureuse. J’ai une grande motivation.

[Si j’ai un entretien, dans le moment d’excitation qui en suivra, tu auras probablement droit à une fellation dans les toilettes durant laquelle je ferais semblant de prendre du plaisir en avalant ton organe au goût de roquefort. Et le jour où j’ai le poste, tu pourras faire de moi ce que tu veux tous les soirs, jusqu’à ce que je me lasse et que je te jette comme un vieux kleenex usagé dans mon ascension irrésistible vers les sommets.]

L’homme fit une moue de désapprobation.

— Je me lave très régulièrement, Hercule ne sent pas le fromage.

[Je nie puérilement pour cacher la cause de cette grande souffrance depuis l’adolescence. Et j’ai donné un nom à mon sexe.]

Il s’éclipsa dans son bureau. Les sous-titres blancs qui flottaient devant lui s’estompèrent peu à peu. Érica replongea dans ses dossiers. La vie serait tout de même plus facile si l’hypocrisie n’était pas dénoncée aussi ouvertement par les sous-titres…

 

 

Dans un monde idéal…

 

 

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