Matou joue carton

Un monde idéal où on applique la méthode chat

 

Matou joue cartonUn coup plus sourd que les autres. Plus viscéral.

Les charnières métalliques hurlèrent avant de se déchirer comme du papier. Les portes blindées vacillèrent puis s’effondrèrent. Les défenseurs n’attendirent pas que la poussière retombe avant de se déchaîner sur leurs gâchettes. Les balles fusèrent et tracèrent dans le nuage des formes morbides.

Mais Les zombis foncèrent, indifférents à la puissance de feu qui s’abattait. Ils renversèrent les sacs de sable et dévorèrent les forces de sécurité de la ville fortifiée. Ils escaladèrent le grillage, passèrent la fosse remplie de goudron enflammé sans faiblir malgré les tirs des habitants.

Lorsqu’il vit un mort-vivant déchirer la carotide de son voisin, Mathieu comprit que le combat était perdu. Il abandonna son poste et s’enfuit dans les rues désertes. Quelques familles tentaient de se barricader dans leurs maisons, en vain. Des grognements infernaux montèrent dans l’atmosphère, il força les foulées, ses poumons étaient sur le point d’éclater.

Et puis soudain, il les vit déboucher à l’angle de la rue. Féroces, couverts de sang, des visages figés dans des attitudes grotesques. Jadis avocats, pompiers, fonctionnaires, ils n’étaient plus que des brutes avec une soif inextinguible de chair fraîche. Ils le virent, et se ruèrent sur lui.

Au bord de la panique, il alla se réfugier dans une ruelle. Une impasse. Ils arrivaient en face. Soudain, son visage s’éclaira. Sa seule possibilité de survie.

Il se précipita dans le carton de déménagement oublié-là et se roula dedans. Il était bien, il était sauf, plus personne ne lui ferait de mal. Il était invincible. Dans son carton.

 

Dans un monde idéal…

 

 

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