Un monde idéal où la RATP rend le transport beaucoup plus humain

 

ratp.gifJeanne serra
son sac contre son gilet RATP, et grimaça. Le RER ralentissait doucement et stoppait à la station. Une foule éparse attendait sur le quai. Jeanne se cala sur la cloison du fond afin de la laisser
rentrer, juste à côté de la publicité institutionnelle : « Des déplacements facilités, plus sûrs, et plus pratiques grâce au nouveau gilet RATP. Obligatoire pour obtenir la carte de
transport ».

L’activateur de promiscuité se mit à clignoter, balayant un champ de cinquante centimètres autour d’elle. Les portes s’ouvrirent, les
usagers s’engouffrèrent un par un, tranquillement, en gardant une distance raisonnable.

Mais il n’y avait pas assez de place pour tout le monde. Un homme le signala, mais certains s’évertuaient à pénétrer dans l’espace
confiné. Jeanne s’agglutina contre la paroi. Son détecteur clignota frénétiquement. Une personne âgée força le passage et se colla à elle.

— Mais qu’est-ce que vous faites ? Vous êtes stupide ? Reculez-vous ! Vous êtes trop près !

Trop tard. Un signal sonore retentit, de puissantes décharges électriques passèrent dans les gilets maillés de fils de fer. Les deux
victimes s’écroulèrent au sol et se cabrèrent, les mâchoires crispées. Les autres passagers s’écartèrent pour ne pas subir le même sort, certains sortirent sur le quai. Ils attendraient le
prochain train, ils n’étaient pas si pressés que ça, finalement.

 

 

Dans un monde idéal…  

 

 







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