Un monde idéal où les cauchemars peuvent être encore plus affreux

 

 

nurue-copie-5.jpgÉric tourna sur lui-même sur le trottoir, sous les rires moqueurs des passants qui s’agglutinaient.

Il était nu comme un vers. Disparus, le beau jean Diesel, la chemise noire Tacchini, la
veste Hugo Boss et les Ray-ban qu’il avait spécialement revêtus pour cette balade sur les Champs-Elysées. Au lieu de cela, il offrait à la vue de tous son troisième téton, ses quelques kilos en
trop au niveau du bas-ventre, sa tâche de naissance difforme et un peu verdâtre sur les fesses, ainsi que son pénis, minuscule dans le froid qu’il régnait.

Les rires se firent oppressants. On le montrait du doigt. Éric ferma les yeux et tenta
de se raisonner. Il ne s’agissait que de ce rêve habituel, détestable. Il inspira : se calmer et penser à une plage des Caraïbes, un cocktail à la main.

 

Il rouvrit les yeux. Toujours planté là, à poil, au milieu de la foule. Et il réalisa
soudain que ce qu’il vivait était encore pire que le plus affreux des cauchemars.

 

Car tout ceci n’était que la réalité.

 

 

Dans un monde idéal…

 

 

 

 



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