Un monde idéal où les ténèbres ne s’abattent plus sur le monde

 

sunshine.jpg3 heures du matin

 

Luc n’y arrivait plus. Il se releva de son lit, trempé par la sueur, et ouvrit les rideaux. La lumière l’aveugla.

Il sortit une cigarette du tiroir de la commode, s’échappa à l’extérieur par la porte-fenêtre et s’appuya sur le garde-corps du balcon en
fixant l’horizon avec des yeux fatigués. Le chien était aussi perturbé que lui, il se frottait à ses jambes en couinant.

Il inspira et expira la fumée bienfaitrice. Puis, il lança un regard à la bande éclatante qui barrait la moitié du ciel, et qui empêchait la
nuit de tomber sur la ville. Un soleil de midi, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Des centaines de miroirs spatiaux, loin, en apesanteur, qui s’assuraient que l’activité
de la métropole ne s’éteignait jamais : sécurité, rentabilité, économie. Et les trois quarts des habitants sous antidépresseurs et somnifères.

Luc jeta à la poubelle le kumquat qui était en train de mourir. Son dernier arbuste. Il n’avait pas tenu trois semaines.

Il se lova dans les draps. Peut-être arriverait-il à rêver d’un ciel obscur et d’étoiles.

 

 

Dans un monde idéal…


5 réflexions au sujet de « Un monde idéal où les ténèbres ne s’abattent plus sur le monde »

  1. Et les étoiles filantes? Et les éclipses de lune? Et le plaisir de s’allonger dans l’herbe en regardant le ciel? Bientôt le lit sera directement installé sur le lieu de travail.

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