Un monde idéal où le vrai sens de l’humour ne se perd en aucune occasion

 

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Le Président Smith apposa ses deux poings sur la table. L’assemblée se crispa. Ce geste ne pouvait signifier qu’une
chose.

— Chers collègues, annonça-t-il, sombre. Nous traversons une période difficile. Les affaires d’ouvrières chinoises intoxiquées
au plomb, les dizaines de tonnes d’acide déversées dans la nature, les assassinats des maires écologistes trop curieux de Pouilly-en-Pouilladin et de St Augustin-les-Rameaux ont miné notre
crédibilité. Mais à présent, nous devons faire face à une menace plus grande encore. Regrettable incident de production dans nos purées de légumes.

Il jeta sur la table un journal, sur lequel était titré en gros, en première page, « Quinze nourrissons sacrifiés par
Honola Corp ! ». 

— Ils ont toujours été très attachés à leur progéniture. J’ai eu le ministre au téléphone, il ne peut rien pour nous. Bref, les
politiques réclament nos têtes, les banquiers veulent démanteler nos filiales, les actionnaires nous tournent le dos. Nous n’avons aucun moyen de redresser la situation à court terme sans
envisager de…

Une vibration sonore déchira soudain l’atmosphère.

Henry Kissing, le plus ancien et vénérable membre du conseil d’administration, éclata de rire, fier de son pet tonitruant. Il
fut rapidement applaudi par le reste de l’assemblée, hilare, et par le Président Smith qui, le pouce levé, lui adressa un « Nice shot » admiratif.

 


Dans un monde idéal…

 


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